Pourquoi la page est verte aujourd'hui, violette en décembre — l'année chrétienne en un anneau.
L'Église ne suit pas l'année civile : son année commence fin novembre, avec l'Avent, et raconte en douze mois toute l'histoire du salut — attente, naissance, vie publique, croix, résurrection, puis la longue croissance. Chaque temps a sa couleur, et c'est elle qui teinte le filet de chaque page.
L'année commence par une attente. Quatre semaines pour se préparer à la venue du Christ — celle de Noël, et celle qu'on attend encore. Le violet est la couleur du désir et de la conversion.
Dieu entre dans l'histoire comme un nouveau-né. Deux semaines de fête ; le blanc (rendu ici en doré) dit la joie et la lumière.
« Ordinaire » ne veut pas dire banal : c'est le temps ordonné, compté semaine après semaine, où l'on marche avec le Christ de sa vie publique. C'est le plus long — comme dans une vie, l'essentiel se joue dans la durée. Le vert est la couleur de la croissance. C'est là que nous sommes la plus grande partie de l'année.
Du mercredi des Cendres au seuil de Pâques : quarante jours de dépouillement, comme Israël au désert, comme Jésus avant sa vie publique. Retour du violet — on se prépare à quelque chose de plus grand que soi.
Le sommet de l'année : la résurrection, fêtée pendant cinquante jours — plus longtemps que le Carême n'a duré. Il s'achève à la Pentecôte, vêtue de rouge, la couleur du feu de l'Esprit (et du sang des martyrs, les jours où on les fête).
Deux dimanches par an, le violet s'éclaircit en rose : une pause de joie au milieu de l'attente (3ᵉ d'Avent, 4ᵉ de Carême). Le rouge revient au Vendredi saint et aux fêtes des martyrs ; le blanc, aux grandes fêtes du Seigneur et des saints.