Deuxième lecture — 2 Co 9, 6-10 — Louis Segond, 1910
lundi 10 août 2026 · None · rouge · Fête
Ce que le semeur perd, il le retrouve au centuple
La rencontre ↓ profondeur · → exploration
Deuxième lecture — 2 Co 9, 6-10 — Louis Segond, 1910
Psaume — Ps 111 (112), 1-2, 5-6, 7-8, 4b.9 — Louis Segond, 1910
Évangile — Jn 12, 24-26 — Louis Segond, 1910
Le sol ↓ profondeur
Ces versets appartiennent à la longue exhortation des chapitres 8 et 9 de la seconde épître aux Corinthiens, où Paul organise la collecte destinée aux chrétiens pauvres de Jérusalem (cf. Rm 15, 26 ; Ga 2, 10). Vers 56-57, il presse les Corinthiens, plus prompts à promettre qu'à donner, d'achever ce qu'ils avaient commencé un an plus tôt, prenant pour modèles les Églises de Macédoine, pauvres mais généreuses au-delà de leurs moyens (2 Co 8, 1-5).
Dans le lectionnaire romain, ce triptyque — la générosité de 2 Co 9, le juste du Psaume 112, le grain de blé de Jean 12 — forme les lectures propres de la mémoire de Laurent, diacre de Rome mis à mort en 258 sous Valérien pour avoir distribué aux pauvres les biens de l'Église plutôt que de les livrer au préfet. Le mot grec diakonos, « serviteur », au verset 26 de l'évangile, n'est pas étranger à ce choix.
Le pont ↓ profondeur
Tu as donné de ton temps, de ton attention, parfois de toi-même, à quelqu'un ou à une tâche dont tu ne verras peut-être jamais le résultat — un enfant que tu as patiemment repris sans savoir ce qu'il en gardera, une lettre écrite à quelqu'un qui ne répondra pas, des années de service discret dans un lieu où personne ne compte les heures. Tu ne sais pas si cela portera du fruit ; tu ne le sauras peut-être jamais de ton vivant. C'est exactement le lieu où Paul te parle : Dieu, dit-il, fournit la semence au semeur — la mesure du don ne se prend pas au moment où tu ouvres la main, mais dans une moisson que tu ne verras pas forcément toi-même.
Le geste aujourd'hui
Avant de reprendre ta journée, laisse-toi rejoindre par cette promesse : ce que tu sèmes dans le secret n'est jamais perdu.
Choisis aujourd'hui un don caché — de temps, d'attention ou de bien — que personne ne pourra te rendre, et fais-le sans le noter nulle part.
Ce n'est pas un exercice de générosité à mesurer, mais un geste pour désapprendre le calcul.Qu'est-ce que tu retiens aujourd'hui, par peur de le voir mourir sans retour ?
Les racines → exploration
Commentant ce passage, Jean Chrysostome voit dans le grain de blé une image que le Christ applique d'abord à lui-même avant de l'étendre à ses disciples : c'est lui, le premier, qui descend dans la terre par la mort pour porter, en ressuscitant, la multitude des croyants comme autant d'épis.
Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de Jean, LXVII
Calvin insiste sur le fait que Dieu ne pèse pas la quantité donnée mais la disposition du cœur : un don arraché par honte ou par contrainte n'a pas plus de valeur devant Dieu qu'un fruit gâté ; seule la libéralité joyeuse, qui procède de la foi et non du calcul, honore celui qui a lui-même tout donné le premier.
Jean Calvin, Commentaire sur la seconde épître aux Corinthiens
Le Psaume 112 est un acrostiche : chacune de ses vingt-deux lignes commence par une lettre successive de l'alphabet hébreu, exactement comme le Psaume 111 qui le précède et qui loue, selon le même procédé, les œuvres de l'Éternel. La tradition juive a lu ce doublet comme un miroir voulu : l'homme qui craint Dieu reproduit, jusque dans la forme du chant, la justice qu'il célèbre chez son Seigneur.
Tradition rabbinique de lecture du Psautier