Première lecture — Ap 21, 9b-14 — Segond, 1910
lundi 24 août 2026 · None · rouge · Fête
Saint Barthélemy, apôtre — la vocation de Nathanaël
La rencontre ↓ profondeur · → exploration
Première lecture — Ap 21, 9b-14 — Segond, 1910
Psaume — Ps 144 (145), 10-11, 12-13ab, 17-18 — Segond, 1910
Évangile — Jn 1, 45-51 — Segond, 1910
Le sol ↓ profondeur
Nathanaël n'est nommé que par Jean, en 1,45-51 et 21,2 ; il est absent des quatre listes synoptiques des Douze. Ces listes, en Matthieu 10,3, Marc 3,18 et Luc 6,14, associent en revanche systématiquement un certain Barthélemy à Philippe — exactement le duo que Jean met en scène ici. C'est cette coïncidence, relevée dès l'exégèse ancienne, qui a conduit à identifier Nathanaël, prénom, et Barthélemy, patronyme signifiant « fils de Tolmaï », comme un seul et même apôtre — sans certitude absolue, mais avec une constance remarquable dans la tradition.
L'Apocalypse est adressée, vers la fin du premier siècle, sous le règne de Domitien, à sept Églises d'Asie Mineure fragilisées par l'exclusion et la tentation du compromis. À des communautés qui se vivent précaires, Jean de Patmos oppose une cité aux portes toujours ouvertes, dont les fondations mêmes portent, gravés, les douze noms des apôtres de l'Agneau. Ce n'est pas un décor pour plus tard : c'est l'affirmation que la fidélité de ces témoins tient déjà, dans le ciel, la place d'une pierre porteuse.
Le pont ↓ profondeur
Il y a peut-être un endroit, réel ou simplement intérieur, où tu te retires sans que personne ne le sache — un moment de la journée, une pensée que tu ne formules à personne, une prière dite sans grande conviction parce que tu ne sais même pas si quelqu'un l'entend. Tu n'y penses pas comme à un lieu remarquable ; c'est justement là que rien ne se joue, crois-tu, puisque personne ne regarde. Et puis un jour quelqu'un te dit un mot, te connaît d'une manière qui ne devrait pas être possible, nomme exactement ce que tu croyais avoir vécu seul — et tu comprends alors que ce lieu caché n'a jamais cessé d'être regardé, depuis toujours, avant même que tu saches qu'on t'y attendait.
Le geste aujourd'hui
Avant de refermer cette page, reste un instant avec la question posée, sans chercher tout de suite à y répondre par des mots.
Choisis un moment ordinaire de ta journée qui vient et retiens-le comme un lieu déjà regardé, quoi qu'il s'y passe.
Fête de saint Barthélemy, apôtre — 24 août.Y a-t-il, dans ta vie, un lieu aussi caché que ce figuier, où tu ignorais être déjà vu ?
Les racines → exploration
Chrysostome, commentant ce passage dans ses Homélies sur l'évangile de Jean, loue la réponse de Philippe face au doute de Nathanaël : il ne réfute pas, il ne prouve rien, il dit seulement « viens, et vois ». Pour Chrysostome, c'est le modèle même de tout témoignage chrétien, qui ne cherche pas à vaincre l'objection par l'argument mais à conduire l'autre devant la personne du Christ, seule capable de dissiper le doute par elle-même.
Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de Jean, homélie XX
Dans ses Tractats sur l'évangile de Jean, Augustin rattache le figuier de Nathanaël à celui d'Adam en Genèse 3,7, dont les feuilles couvrent la première honte. S'asseoir sous un figuier deviendrait ainsi la figure de toute existence encore recouverte par la faute. Le regard du Christ, qui atteint Nathanaël jusque-là avant tout appel formulé, dit alors que nul repli intérieur n'échappe à celui qui appelle.
Augustin, Tractats sur l'évangile de Jean, VII
Calvin, dans son commentaire sur les Psaumes, s'appuie sur ce verset 18 pour rappeler que la proximité de Dieu ne dépend d'aucun intercesseur institué, mais de la sincérité de qui l'invoque. Il en tire un argument constant de sa polémique contre l'invocation des saints : si l'Éternel est près de quiconque crie vers lui en vérité, chercher un détour revient à douter de cette promesse même que le psaume énonce sans condition sinon celle du cœur.
Jean Calvin, Commentaire sur le livre des Psaumes, Psaume 145