Première lecture — 1 Co 15, 12-20 — Louis Segond, 1910
vendredi 18 septembre 2026 · 24ème Semaine du Temps Ordinaire · vert ·
1 Corinthiens 15 — la foi qui ne tourne pas à vide
La rencontre ↓ profondeur · → exploration
Première lecture — 1 Co 15, 12-20 — Louis Segond, 1910
Psaume — Ps 16 (17), 1, 6-7, 8.15 — Louis Segond, 1910
Évangile — Lc 8, 1-3 — Louis Segond, 1910
Le sol ↓ profondeur
Vers l'an 55, depuis Éphèse, Paul répond à des chrétiens de Corinthe qui, imprégnés de culture grecque, acceptaient volontiers l'idée d'une âme immortelle mais se heurtaient à celle d'un corps relevé d'entre les morts — pensée étrangère au dualisme platonicien alors répandu dans la ville. Paul ne discute pas la question en philosophe : il ancre toute sa réponse dans un fait qu'il dit avoir reçu et transmis, la résurrection du Christ, attestée par des témoins encore vivants (15, 6).
Luc est le seul évangéliste à dresser cette liste de femmes qui accompagnent Jésus dès la Galilée jusqu'à la croix (23, 49) et au tombeau vide (24, 10) — Marie de Magdala, Jeanne et Susanne y reviennent alors, preuve que Luc les tient pour des témoins constants et fiables. Leur présence dément l'idée d'un mouvement composé des seuls Douze : dès le début, femmes et hommes y annoncent et y servent ensemble le royaume.
Le pont ↓ profondeur
Tu as pu, un jour de lassitude, te demander si tout ce temps donné à prier, à espérer, à tenir bon dans une fidélité que personne ne remarquait, ne relevait pas d'une illusion pieuse — comme si, la promesse retirée, ta patience se réduisait à un effort perdu. C'est exactement l'aveu que Paul ose faire à la communauté de Corinthe : sans résurrection, votre foi ne tient à rien, et nous sommes les plus à plaindre. Il ne console pas cette inquiétude par un discours rassurant, il la prend au sérieux jusqu'au bout, pour que ta foi ne repose pas sur un besoin de te sentir bien, mais sur un fait qui la précède et la porte, que tu le ressentes ou non ce matin.
Le geste aujourd'hui
Avant de refermer ce jour, reste un instant avec cette question que Paul pose sans détour : et si la foi ne servait vraiment à rien sans la résurrection ?
Redis lentement, à voix basse, le verset du psaume — « dès le réveil, je me rassasierai de ton image » — comme une phrase que tu voudrais avoir sur les lèvres à ton propre réveil, demain matin.
Il n'est pas nécessaire de ressentir quoi que ce soit pour que ce geste soit vrai : la parole prononcée porte, même quand rien ne se passe en toi au moment où tu la dis.Qu'est-ce qui, dans ta vie, tient uniquement parce que tu crois qu'il y aura un réveil — et que ferais-tu de cela si tu apprenais qu'il n'y en aura pas ?
Les racines → exploration
Dans son homélie sur cette épître, Jean Chrysostome compare le Christ ressuscité, prémices des morts, à une racine dont dépend toute la plante : si la racine vit, dit-il, on ne s'inquiète pas du sort des branches, même si elles paraissent encore sèches. L'image répond directement à l'objection corinthienne, qui jugeait la résurrection des corps impossible à concevoir : on ne voit pas non plus, en hiver, la sève qui prépare déjà la feuille du printemps.
Jean Chrysostome, Homélies sur la Première épître aux Corinthiens
Calvin, commentant ce passage, remarque que Paul ne craint pas de faire dépendre toute la foi chrétienne d'un seul fait, la résurrection, plutôt que de la fonder sur un sentiment intérieur ou une morale : si ce fait tombe, dit-il, il ne reste rien de la piété chrétienne qu'une illusion, si vertueuse paraisse-t-elle. C'est, selon lui, ce qui distingue la foi biblique d'une sagesse purement humaine, toujours capable de se reconstruire un sens sans avoir besoin d'un fait extérieur qui l'ait vraiment fondée.
Jean Calvin, Commentaire sur la Première épître aux Corinthiens, ch. 15
Jeanne est dite femme de Chuza, « intendant » (epitropos) d'Hérode Antipas — un titre que l'on retrouve chez l'historien juif Flavius Josèphe pour désigner les hauts fonctionnaires chargés de la gestion des biens à la cour des Hérodiens. Qu'une femme si proche du pouvoir mette ses propres ressources au service d'un prédicateur itinérant est un détail que Luc seul rapporte, et qui traverse tout son évangile puis les Actes des Apôtres : la cour d'Hérode et les périphéries galiléennes s'y croisent sans qu'aucune hiérarchie sociale ne soit mentionnée.
Flavius Josèphe, Antiquités judaïques (sur les intendants de la cour hérodienne) ; cf. Luc 24, 10