Lecture — Ga 1, 13-24 — Segond 1910
mardi 6 octobre 2026 · 27ème Semaine du Temps Ordinaire · vert ·
Galates 1 ; Psaume 139 ; Luc 10 — mis à part avant d'agir, et la part qu'on ne t'ôtera pas.
La rencontre ↓ profondeur · → exploration
Lecture — Ga 1, 13-24 — Segond 1910
Psaume — Ps 138 (139), 1-3, 13-14ab, 14cd-15 — Segond 1910
Évangile — Lc 10, 38-42 — Segond 1910
Le sol ↓ profondeur
L'épître aux Galates est écrite dans l'urgence : des prédicateurs venus après Paul exigent des chrétiens d'origine païenne qu'ils se fassent circoncire pour appartenir pleinement au peuple de Dieu. Dans les versets qui précèdent notre passage (1,11-12), Paul vient d'affirmer qu'il n'a reçu son Évangile d'aucun homme. Le récit autobiographique qui suit — zèle persécuteur, révélation, puis quatorze années avant de remonter à Jérusalem (2,1) — sert cet unique argument : son apostolat ne doit rien à l'Église de Jérusalem, tout à l'appel reçu.
Luc place cette scène juste après la parabole du bon Samaritain, qui définissait le prochain par l'action, et juste avant l'enseignement sur la prière (11,1-13). Entre les deux, Marthe et Marie : comme si l'évangéliste voulait empêcher qu'on réduise la foi au seul service. Le village n'est pas nommé par Luc — la tradition johannique (Jn 11,1) l'identifiera à Béthanie — mais la leçon vaut pour toute maison où l'on reçoit le Seigneur.
Le pont ↓ profondeur
Tu connais ces jours où tout ce que tu fais pour Dieu te paraît nécessaire : un service après l'autre, une tâche qui en appelle une deuxième, jamais le temps de t'arrêter sans avoir l'impression de manquer à quelque chose. Puis vient, parfois sans que tu l'aies choisi — une maladie, un deuil, une fatigue qui ne cède pas —, un moment où plus rien ne peut être fait. Tu restes là, les mains vides, sans rien à montrer pour cette heure perdue, et c'est précisément dans ce vide que quelque chose se reçoit, qui ne t'avait jamais été donné par tout ce que tu accomplissais : non une récompense pour ton service, mais une présence qui ne demandait que ta présence.
Le geste aujourd'hui
Avant d'ouvrir un livre, un agenda ou une liste de choses à faire aujourd'hui, essaie de rester une minute sans rien produire.
Assieds-toi, comme Marie, sans but immédiat, et laisse monter en toi la question : qu'est-ce qui, en moi, a été formé avant que je le mérite ou que je le décide ?
Ce n'est pas un exercice de relaxation : c'est consentir, pour un instant, à être connu avant d'agir.Quelle part de ta vie reconnais-tu aujourd'hui comme ayant été mise à part avant que tu ne t'en soucies toi-même — et que fais-tu, d'ordinaire, pour ne pas avoir à t'arrêter devant elle ?
Les racines → exploration
Dans ses Homélies sur l'épître aux Galates, Chrysostome s'arrête sur le contraste entre le persécuteur et l'apôtre : la même énergie, dit-il, qui jetait Paul contre l'Église de Dieu est celle qui le jettera, sans diminuer d'intensité, au service de l'Évangile parmi les nations. Dieu, selon lui, ne commence pas par éteindre ce qui brûle en l'homme ; il en change la direction. C'est pourquoi Paul peut dire qu'il a été mis à part « dès le sein » : la conversion n'ajoute rien à sa nature, elle la retourne.
Jean Chrysostome
Calvin, commentant le Psaume 139, insiste sur le vertige qu'éprouve l'âme devant une connaissance divine qui ne laisse aucun repli : Dieu nous a vus avant que nous nous voyions nous-mêmes, formés avant d'être nés, connus avant de pouvoir répondre. Pour Calvin, ce n'est pas d'abord une doctrine de la providence qu'il faut en tirer, mais une humiliation salutaire : toute prétention humaine à se définir soi-même tombe devant un regard qui a précédé jusqu'à notre premier souffle.
Jean Calvin
Augustin revient plusieurs fois, dans ses Sermons, sur Marthe et Marie comme figures de deux vies également légitimes, la vie active et la vie contemplative, mais non égales en destination : le service de Marthe passera, la part de Marie demeurera, parce qu'elle préfigure le repos éternel où le service lui-même s'achèvera. Augustin se garde pourtant de mépriser Marthe : sans elle, dit-il, le Seigneur n'aurait pas eu de pain ; mais sans Marie, l'hospitalité serait restée sans écoute.
Augustin d'Hippone