Première lecture — Éphésiens 2, 19-22 — Segond, 1910
mercredi 28 octobre 2026 · None · rouge · Fête
Simon et Jude, apôtres — bâtis sur un même fondement
La rencontre ↓ profondeur · → exploration
Première lecture — Éphésiens 2, 19-22 — Segond, 1910
Psaume — Psaume 19 (18), 2-3, 4-5ab — Segond, 1910
Évangile — Luc 6, 12-19 — Segond, 1910
Le sol ↓ profondeur
L'épître aux Éphésiens ne porte peut-être pas son adresse originelle : plusieurs des plus anciens manuscrits grecs omettent « à Éphèse » au verset 1, 1. Beaucoup y voient une lettre circulaire destinée à plusieurs communautés d'Asie Mineure, composée durant une captivité (4, 1), ce qui expliquerait son ton général, presque liturgique, et son insistance sur l'unité d'Église au-delà d'une seule ville.
Luc est le seul évangéliste à situer l'élection des Douze après une nuit entière de prière sur la montagne, lieu où Moïse reçut l'alliance et où Jésus priera encore avant la Transfiguration et avant la Passion. Le calendrier latin associe aujourd'hui ce récit à la fête de Simon et de Jude, deux apôtres dont les Évangiles ne disent presque rien d'autre que leur nom dans cette liste.
Le pont ↓ profondeur
Il y a des choix qui se prennent dans le silence, longtemps avant que personne ne les voie se réaliser : une nuit entière passée éveillé, à peser une décision qui engagera d'autres que toi — accepter une responsabilité, rompre avec une situation, dire oui à quelque chose qu'on ne te demandait pas vraiment de faire. Rien, dans l'instant, ne prouve que cette veille a servi à quelque chose ; le matin venu, tu agis, et ceux qui te voient agir ignorent tout de la nuit qui a rendu ce geste possible. C'est pourtant cette heure cachée, sans témoin, qui a tenu la suite debout, comme une pierre que l'on ne voit jamais dans un mur mais sans laquelle les autres pierres n'auraient rien eu pour s'aligner. Devant Dieu, l'essentiel de ta vie se décide peut-être ainsi, dans ce qui ne se voit pas et que lui seul connaît.
Le geste aujourd'hui
Avant de refermer cette page, reste un instant avec cette image d'une nuit entière donnée à la prière, avant un choix qui n'appartenait qu'à Dieu.
Choisis un quart d'heure de silence réel, sans écran ni parole, pour poser devant Dieu une décision que tu portes seul, sans chercher à la trancher tout de suite.
Ce n'est pas la durée de la veille qui compte, mais ce à quoi elle a été donnée.Qu'est-ce que tu portes, en ce moment, sans en voir encore le fruit — et peux-tu croire que cela tient déjà quelque chose, ailleurs, sans que tu le saches ?
Les racines → exploration
Depuis Salomon, le Temple de Jérusalem était le lieu unique où Dieu consentait à habiter visiblement parmi les hommes ; sa destruction en l'an 70 restait une blessure vive pour les premiers lecteurs de cette lettre. Paul ne promet pas un nouveau bâtiment de pierre, mais annonce que la communauté elle-même, Juifs et païens assemblés, devient ce lieu : non plus un sanctuaire que l'on visite, mais un peuple que Dieu habite.
note historique — destruction du Temple de Jérusalem, 70
Le nombre douze ne doit rien au hasard : il rappelle les douze fils de Jacob, les douze tribus d'Israël. Choisir douze apôtres après une nuit de prière, c'est signifier la reconstitution d'un peuple, non l'addition de quelques disciples parmi d'autres — une élection qui ne tient plus à la naissance mais à l'appel.
note historique — les douze tribus d'Israël, Genèse 49
Luc associe presque systématiquement la prière de Jésus aux moments qui engagent l'avenir : son baptême, le choix des Douze, la Transfiguration, l'agonie de Gethsémané. Calvin, commentant ce type de scène, rappelle que la prière n'est pas chez Jésus un besoin de consolation mais l'exercice de sa dépendance filiale envers le Père, modèle offert à l'Église pour toute décision qui touche à l'appel et à l'envoi.
Jean Calvin, Commentaires bibliques